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Saison 03
Épisode #6
54m
Recréer du collectif : le nouvel avantage compétitif des organisations — avec Myriam El Khomri, DG Conseil et RSE chez Diot-Siaci
avec Myriam El Khomri, Directrice Générale du Pôle Conseil et de la Stratégie RSE
ÉCOUTER L'ÉPISODE

“Ce qui compte pour nous ce n'est pas d'avoir raison, c'est d'être utile."

C'est avec cette conviction que Myriam El Khomri, ancienne ministre du Travail, aujourd'hui Directrice Générale du Pôle Conseil et de la Stratégie RSE de Diot-Siaci, aborde le conseil. Non pas comme une expertise à délivrer, mais comme un engagement à produire de vrais résultats.

Dans ce nouvel épisode de Consulting Insider, Arnaud Caldichoury l'invite à revenir sur ce qui forge sa vision : un parcours du terrain au gouvernement, et du gouvernement aux transformations les plus complexes des entreprises françaises.

Au programme :

Cet épisode s’adresse aux dirigeants,et décideurs du conseil qui traversent ces transformations et cherchent à replacer l'humain au cœur de leurs décisions.

Bonne écoute !

“Ce qui compte pour nous ce n'est pas d'avoir raison, c'est d'être utile."

Dans cet épisode de Consulting Insider, Myriam El Khomri, Directrice de la Business Unit Conseil de Diot-Siaci, revient sur son parcours entre action publique, gouvernement et conseil. De ses premières responsabilités de terrain dans le 18e arrondissement de Paris à son passage au ministère du Travail, puis à son rôle actuel chez Diot-Siaci, elle partage une vision très incarnée du conseil : un métier d’utilité, d’impact humain et d’accompagnement des collectifs dans un monde incertain.

Du terrain au gouvernement : apprendre à décider sous contrainte

Avant de rejoindre le monde du conseil, Myriam El Khomri construit une grande partie de son parcours dans l’action publique.

Elle commence sa carrière au plus près du terrain, notamment dans le 18e arrondissement de Paris, où elle travaille sur des sujets de prévention, d’insertion des jeunes, d’enfance en danger et de ruptures sociales. Cette première expérience lui donne une connaissance directe des réalités humaines, des attentes immédiates des habitants et de la complexité des situations individuelles.

Son passage au gouvernement, d’abord sur les sujets de politique de la ville puis comme ministre du Travail, marque une autre étape structurante. Elle y apprend l’arbitrage sous contrainte, la responsabilité et la nécessité d’expliquer des décisions difficiles.

Cette expérience politique continue de nourrir sa pratique du conseil aujourd’hui. Dans les deux univers, le sujet reste le même : faire avancer un collectif dans un environnement mouvant.

Du politique au conseil : une continuité autour de l’impact humain

Lorsqu’elle rejoint le conseil en 2017, Myriam El Khomri ne voit pas ce passage comme une rupture, mais comme une continuité.

Le décor change, les acteurs changent, mais les fondamentaux demeurent : aider les organisations à décider, à agir et à avancer dans un environnement incertain. Pour elle, le conseil RH et transformation est d’abord un métier d’impact humain.

Ce qui l’anime, c’est la capacité à trouver des solutions à des problématiques complexes. Le conseil lui permet de travailler sur des réalités de terrain variées, dans des secteurs différents, avec une exigence forte : être utile aux organisations et produire des effets concrets.

Elle insiste aussi sur la richesse intellectuelle du métier. Le conseil oblige à rester curieux, à observer les bonnes pratiques, à comprendre pourquoi certaines solutions fonctionnent dans une organisation, puis à aider d’autres clients à accélérer.

Diot-Siaci Conseil : un positionnement atypique entre courtage, data et accompagnement humain

Myriam El Khomri dirige aujourd’hui la Business Unit Conseil de Diot-Siaci, un groupe historiquement positionné sur le courtage en assurance.

Ce positionnement donne à la BU Conseil une place singulière sur le marché. Diot-Siaci accompagne déjà les entreprises sur leurs risques, leurs couvertures santé-prévoyance, leurs enjeux de rémunération, de retraite ou encore d’assurance des actifs. À partir de cette connaissance fine des risques et des données sociales, le groupe a développé une activité conseil pour agir plus en amont.

L’enjeu est clair : ne pas seulement constater les risques, mais aider les entreprises à les réduire.

Cette approche permet de lier performance sociale et performance économique. Lorsqu’une entreprise fait face à de l’absentéisme, à des tensions sociales, à des enjeux de santé mentale ou à des transformations profondes, le conseil permet d’apporter des solutions concrètes, en complément des métiers historiques du courtage.

Une protection sociale augmentée

Myriam El Khomri défend l’idée d’une protection sociale augmentée.

La santé, la prévoyance ou la retraite restent essentielles, mais elles ne suffisent plus à elles seules à répondre aux attentes des collaborateurs. L’engagement dans l’entreprise dépend aussi de la reconnaissance, des perspectives d’évolution, du partage de la valeur, de la qualité du management et de la manière dont les transformations sont accompagnées.

C’est dans cette logique que Diot-Siaci Conseil intervient sur une chaîne très large de sujets RH et sociaux : rémunération, épargne retraite, épargne salariale, dialogue social, restructurations, prévention des risques psychosociaux, santé mentale, coaching, formation des managers, mobilité professionnelle ou accompagnement des demandeurs d’emploi.

La force du modèle tient à cette combinaison entre données, expertise actuarielle, connaissance des risques et accompagnement humain.

Le rachat d’Oasis : élargir les expertises d’accompagnement

Le rachat d’Oasis et Compagnie vient renforcer cette ambition.

Historiquement, Diot-Siaci Conseil était fortement positionné sur les sujets de rémunération, de retraite, d’épargne salariale et de communication RH. Avec Oasis, la BU Conseil élargit son périmètre à l’accompagnement humain : coaching, outplacement, assessment, mobilité professionnelle, prévention des risques psychosociaux ou ingénierie sociale.

L’intégration de l’IAPR, spécialisée dans la prévention des risques psychosociaux, permet notamment de répondre à un enjeu devenu central dans les entreprises : la santé mentale.

Pour Myriam El Khomri, cette alliance entre données chiffrées et métiers de l’accompagnement humain constitue un facteur différenciant. Elle permet d’identifier les signaux faibles, de comprendre les risques sociaux et de mettre en place des plans d’action adaptés.

Les cinq grands enjeux sociaux adressés par Diot-Siaci Conseil

Myriam El Khomri résume les interventions de Diot-Siaci Conseil autour de cinq grands axes.

Le premier concerne la rémunération, le partage de la valeur, l’épargne retraite et l’épargne salariale. Ces sujets touchent directement à la reconnaissance, à l’engagement et à la fidélisation des collaborateurs.

Le deuxième porte sur les restructurations, l’ingénierie sociale, la communication sensible et le dialogue social. Dans un contexte économique tendu, ces expertises deviennent particulièrement importantes pour accompagner les transformations, les fusions, les réorganisations ou les décisions difficiles.

Le troisième est celui du care : santé mentale, prévention des risques psychosociaux, qualité de vie au travail, absentéisme, baromètres sociaux ou observatoires de la performance sociale.

Le quatrième concerne l’accompagnement des talents : coaching, formation des managers, intelligence émotionnelle et développement des compétences relationnelles.

Le cinquième touche aux mobilités professionnelles, avec notamment l’accompagnement de salariés concernés par des plans sociaux ou de demandeurs d’emploi sur l’ensemble du territoire.

Ces différents métiers traduisent une conviction forte : une transformation ne peut réussir que si elle est accompagnée humainement.

Le conseil RH : du diagnostic au résultat

L’épisode met aussi en lumière une évolution forte des attentes clients.

Les entreprises ne veulent plus seulement des recommandations. Elles attendent des résultats, des preuves, des livrables utiles, des responsabilités claires et une capacité d’exécution. Dans un contexte économique incertain, les directions achats sont de plus en plus présentes, les budgets sont scrutés, et les clients demandent davantage de transparence sur les prix, les options, le périmètre des missions et le retour sur investissement.

Myriam El Khomri le formule simplement : le client n’achète pas du conseil, il achète un résultat.

Cette évolution transforme la posture du consultant. Il ne suffit plus de produire une analyse pertinente ; il faut sécuriser l’action, accompagner la mise en œuvre et démontrer l’impact.

2025 : une année marquée par l’incertitude et les arbitrages

Myriam El Khomri porte un regard lucide sur la conjoncture récente du conseil.

L’année 2025 a d’abord été difficile pour les clients. Dans un environnement marqué par l’instabilité géopolitique, les tensions économiques, les incertitudes politiques et les évolutions réglementaires, les entreprises ont souvent manqué de visibilité.

Résultat : des projets lancés puis arrêtés, des priorités revues, des décisions repoussées, des arbitrages plus longs. Les organisations ont passé beaucoup de temps à faire, défaire et reprioriser.

Cette incertitude a directement influencé la demande adressée aux cabinets de conseil. Certains sujets ont ralenti, notamment ceux liés au partage de la valeur ou à l’actionnariat salarié. D’autres se sont renforcés : restructurations, santé mentale, accompagnement des mobilités, transformation RH.

Santé mentale, restructurations, dialogue social : les nouveaux sujets prioritaires

Dans ce contexte, certains enjeux sociaux prennent une place croissante dans les entreprises.

La santé mentale devient un sujet majeur. Les tensions organisationnelles, la charge mentale, les évolutions du travail et les transformations successives rendent indispensable la mise en place de dispositifs d’écoute, de prévention et d’accompagnement.

Les restructurations restent également très présentes. Elles peuvent être liées à des fusions-acquisitions, à des réorganisations, à des transformations à froid ou à des décisions plus douloureuses, comme des fermetures de sites.

Le dialogue social devient alors un levier stratégique. Il ne s’agit plus seulement de gérer une obligation réglementaire, mais de construire les conditions d’un compromis, d’un pilotage social et d’une transformation acceptable.

L’IA : un levier d’augmentation, pas un remplacement de l’humain

L’intelligence artificielle occupe une place importante dans l’épisode, mais elle n’en est pas le sujet central.

Pour Myriam El Khomri, le “tout IA” est un mythe, en particulier dans les métiers de l’accompagnement humain. Lorsqu’un salarié est licencié, lorsqu’un collaborateur traverse une difficulté psychologique ou lorsqu’une organisation doit gérer une transformation sociale sensible, la relation humaine demeure indispensable.

En revanche, l’IA peut augmenter le conseil. Elle permet d’analyser davantage de données, de recouper plus rapidement des informations, d’accélérer les benchmarks, d’enrichir les recommandations et de mieux exploiter les verbatims collaborateurs.

Chez Diot-Siaci, l’IA est déjà utilisée dans certains baromètres sociaux pour analyser de grands volumes de réponses ouvertes. Elle devient ainsi un outil pour mieux comprendre les signaux faibles et donner plus de poids à la parole des salariés.

Mais pour Myriam El Khomri, l’IA reste un point de départ, pas un aboutissement. La valeur se crée dans la complémentarité entre technologie, expertise et relation humaine.

Management, IA et lien intergénérationnel

L’arrivée de l’IA accentue aussi une autre question : celle du lien intergénérationnel dans l’entreprise.

Pour Myriam El Khomri, les générations cohabitent dans des environnements de travail où les repères évoluent rapidement. L’IA, les nouveaux usages numériques, les attentes vis-à-vis du management et les transformations du rapport au travail peuvent créer des écarts de perception, des stéréotypes ou des incompréhensions.

Le rôle du conseil est alors de faciliter ces transformations. Il s’agit d’aider les managers à mieux comprendre les attentes des différentes générations, à développer leurs compétences relationnelles et à animer des équipes de plus en plus pluridisciplinaires.

Dans cette perspective, les managers deviennent des chefs d’orchestre. Leur rôle ne se limite plus à organiser le travail : ils doivent créer du lien, accompagner les usages, soutenir les équipes et donner du sens.

Management, IA et lien intergénérationnel

L’arrivée de l’IA accentue aussi une autre question : celle du lien intergénérationnel dans l’entreprise.

Pour Myriam El Khomri, les générations cohabitent dans des environnements de travail où les repères évoluent rapidement. L’IA, les nouveaux usages numériques, les attentes vis-à-vis du management et les transformations du rapport au travail peuvent créer des écarts de perception, des stéréotypes ou des incompréhensions.

Le rôle du conseil est alors de faciliter ces transformations. Il s’agit d’aider les managers à mieux comprendre les attentes des différentes générations, à développer leurs compétences relationnelles et à animer des équipes de plus en plus pluridisciplinaires.

Dans cette perspective, les managers deviennent des chefs d’orchestre. Leur rôle ne se limite plus à organiser le travail : ils doivent créer du lien, accompagner les usages, soutenir les équipes et donner du sens.

Le territoire comme levier d’impact

Autre dimension importante de l’épisode : l’ancrage territorial.

Diot-Siaci Conseil s’appuie sur une présence forte dans les territoires, notamment via Oasis et Soléris. Cette implantation permet de mieux connaître les bassins d’emploi, les entreprises qui recrutent, les élus locaux, les représentants syndicaux et les dynamiques économiques locales.

Pour Myriam El Khomri, cette proximité est essentielle. Accompagner une restructuration, une mobilité ou un retour à l’emploi ne peut pas se faire de manière abstraite depuis Paris. Il faut comprendre les réalités locales, les tensions sociales, les opportunités d’emploi et les acteurs du territoire.

Le territoire devient ainsi un élément central de l’impact humain.

Recréer du collectif : l’avantage compétitif des organisations

La conclusion de l’épisode porte sur un message fort : dans un monde fragmenté, la capacité à créer du collectif devient un avantage compétitif.

Les repères bougent, les attentes vis-à-vis du travail évoluent, les générations doivent continuer à cohabiter, les organisations doivent composer avec l’incertitude économique, politique et technologique.

Dans ce contexte, “faire entreprise” ne va plus de soi. Il faut recréer les conditions du collectif : le dialogue, la confiance, l’écoute, l’engagement, la culture commune et la capacité à embarquer.

Pour Myriam El Khomri, c’est précisément là que le conseil peut jouer un rôle utile : aider les organisations à transformer l’incertitude en capacité d’action.

Être utile plutôt qu’avoir raison

L’un des messages les plus marquants de l’épisode tient dans cette phrase : “Ce qui compte pour nous, ce n’est pas d’avoir raison, c’est d’être utile.”

Elle résume la posture que Myriam El Khomri défend pour le conseil : exigence, écoute, humilité et expertise.

Le consultant ne doit pas chercher à imposer une vérité abstraite. Il doit comprendre le contexte, embarquer les parties prenantes, aider à décider et contribuer à faire avancer l’organisation.

Cette posture rejoint sa vision du leadership : un leader ne se décrète pas, il s’incarne. Il entraîne, il crée les conditions du collectif et il permet aux équipes d’avancer ensemble.

À retenir

Le parcours de Myriam El Khomri montre une continuité forte entre action publique et conseil : dans les deux cas, il s’agit d’aider des collectifs à décider et à agir dans l’incertitude.

Diot-Siaci Conseil défend un modèle hybride, à la croisée du courtage, de la data, de la prévention des risques sociaux et de l’accompagnement humain.

Les attentes clients évoluent vers un conseil plus transparent, plus actionnable et plus orienté résultats.

L’IA augmente le conseil, mais ne remplace pas la relation humaine, particulièrement dans les métiers de l’accompagnement, de la santé mentale, du dialogue social et des transformations RH.

Dans un monde du travail fragmenté, la capacité à recréer du collectif devient un avantage compétitif majeur pour les organisations.

Conclusion

Cet épisode met en lumière une vision profondément humaine du conseil.

À travers son parcours et son rôle chez Diot-Siaci, Myriam El Khomri défend un conseil utile, exigeant et ancré dans le réel. Un conseil qui ne se limite pas à produire des recommandations, mais qui aide les organisations à décider, à agir, à accompagner les transformations et à recréer du collectif.

Dans un environnement marqué par l’incertitude, les tensions sociales, l’IA et les évolutions du rapport au travail, son message est clair : la performance durable des entreprises passera par leur capacité à faire vivre l’humain, le dialogue et le collectif.

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